L'ECOSYSTEME FORESTIER

par Vincent Affolter et Lucas Prêtre 


Tables des matières 

 1.    Introduction

   1.1.      Définition 

   1.2.      Différents aspects de la forêt 

2.    La formation des forêts

   2.1.      L’importance des fossiles

   2.2.      L’origine des arbres

   2.3.      Les ancêtres de nos forêts

3.    Fonctionnement de  l’écosystème forestier 

   3.1.     L’influence du sol

   3.2.      L’influence du climat

        3.2.1.      La lumière ou l’ensoleillement

        3.2.2.      Les températures 

        3.2.3.   Le vent

        3.2.4.      Les précipitations

4.    Les fonctions de la forêt  

   4.1.      Protections offertes à l’homme

        4.1.1.      Inondations / sécheresse

        4.1.2.      Erosion / glissement de terrain

        4.1.3.      Chutes de pierres / avalanches

   4.2.      Protections des pollutions créées par l’homme

        4.2.1.      Le bruit

        4.2.2.      L’air

  4.3.      La production d’oxygène

5. Relations des animaux entre eux  et avec le milieu extérieur

6.    Les forêts tropicales

6.1.      Leur importance pour le Monde

6.2.     Déforestation

7.    Conclusion

8.    Lexique

9.    Bibliographie

  



1.       Introduction

1.1.     Définition

L’origine du mot « forêt » vient du latin forestis, lui-même dérivé de foris qui signifie « hors de ». La forêt désigne donc ces vastes territoires situés hors de l’influence humaine, de l’habitat ou des cultures.

1.2.  Différents aspects de la forêt

Les forêts recouvrent 30% des terres émergées. A l’échelle du globe, les diverses formes de forêts s’ordonnent de façon régulière. La large zone de conifères des hautes latitudes cède la place au feuillus dans les régions tempérées, qui s’effacent à leur tour devant la luxuriante forêt tropicale humide. Localement de petites variations des températures, des précipitations et des sols donnent aux massifs forestiers des aspects aussi différents qu’inattendus. A quelques kilomètres de beaux peuplements de conifères de la zone subarctique, un climat à peine plus rude suffit à réduire les mêmes essences à l’état d’arbustes rabougris et clairsemés.

 

Figure 1 — Répartition des types de forêts

Sous les latitudes moyennes les milieux naturels sont si nombreux que les forêts prennent des aspects très divers, du maquis aux feuilles coriaces des régions les plus sèches à des îlots de forêts humides, là où la zone tempérée prend un caractère tropical. La forêt tropicale se caractérise par sa luxuriance dans les plaines humides, où les grands arbres font une ombre si épaisse qu’il n’y plus aucun sous-bois ; en altitude elle est constituée d’arbres chétifs et de sous-bois enchevêtrés.

Quelques forêts sont même dépourvues d’arbres véritables. Dans les déserts des zones tempérée et tropicale, les cactus, habituellement petits, prennent des allures arborescentes et forment des forêts sèches, là où les feuillus et les conifères ne pourraient pas survivre. Malgré leur diversité, les forêts ont toutes un point commun : Chacune crée un paysage particulier et conditionne la faune et la flore qui vivent dans son ombre.

 

Figure2 — Forêt tempérée, printemps


2.       La formation des forêts

2.1.  L’importance des fossiles

Les arbres fossilisés que l’on découvre à travers le monde, intéressent au plus haut point les paléobotanistes, qui étudient les troncs, les tiges et les feuilles des plantes préhistoriques pour déterminer comment, pourquoi et quand les forêts et d’autres manifestations du règne végétal ont fait leur apparition. La conservation de ces végétaux a quelque chose de fascinant.

 

Figure 3 --- Lac de bitume recouvrant un tronc

On trouve souvent des plantes fossiles profondément enchâssées dans des roches massives, qui évoquent le lent cortège des siècles ; mais ces reliques sont aussi filles de la vitesse : Il fallait que ces matières végétales fussent très vite enterrées, avant qu’elles aient été détruites par l’oxygène et les micro-organismes qui se nourrissaient de leurs tissus.

 

 

Figure 4 --- Bois pértrifié, 200 mio d'années 

C’est dans la région du Parc National de Yellowstone (USA) que l’on fit une des plus grandes découvertes sur les forêts préhistoriques. En 1870 Des scientifiques découvrirent les vestiges d’une ancienne forêt. Voilà 50 millions d’années, 27 forêts successives ont été recouvertes par les cendres d’une série d’éruptions volcaniques, répartie sur une période de 20’000 ans.

En 1971, des paléobotanistes qui effectuaient des fouilles près de Gilboa (USA) découvrirent les fossiles d’un scolopendre, d’une araignée, d’une espèce d’acarien disparu et des débris d’un animal qui pourrait être un précurseur de notre poisson d’argent. Agés de 365 millions d’années, ces animaux étaient les plus anciens qu’on eût découverts en Amérique du Nord et ils sont probablement les premiers qui furent adaptés à la vie sur la terre ferme.

Reconstituer l’histoire des forêts à partir des fossiles et l’interprétation du comportement des plantes, telle est la plus difficile des tâches du paléobotanistes. La découverte de débris d’arbres fossilisés a eu un intérêt considérable, car elle permit aux scientifiques de déterminer le temps qu’il fallût aux premiers végétaux pour former de vastes forêts.

 

2.2. L’origine des arbres

Les arbres d’aujourd’hui sont l’aboutissement d’une évolution de trois milliards d’années qui a commencée au moment où de minuscules végétaux apparurent dans les mers primordiales. Ces algues restèrent la seule forme de végétation jusqu’à ce que certaines délaissent les mers pour aller vivre sur la terre ferme.

Voilà 400 millions d’années, les plantes terrestres acquirent un système vasculaire (des cellules adaptées à la circulation de l’eau, des minéraux et des aliments). Pendant les 50 millions d’années suivantes, ces plantes vasculaires inférieures s’élevèrent toujours plus haut en se dotant de racines, de tiges et de feuilles. Certaines se munirent d’un tissu ligneux, dur qui a rigidifié les tiges, et formèrent les toutes premières forêts qui existèrent sur terre, il y a 350 millions d’années environ.

 

 

Figure 5 — l'évolution des arbres en 4 âges

Mais la reproduction des plantes vasculaires inférieures étant tributaires de spores et d’organes dont la fécondité était liée à l’humidité ambiante, les gymnospermes, nouvelles conquérantes, l’emportèrent à cause de leurs graines, qui, protégées d’une enveloppe et dotées d’une réserve alimentaire, supportaient bien le froid et la sécheresse.

La dernière phase de l’évolution des forêts a commencée avec l’apparition des angiospermes, plus efficaces que leurs devancières. Alors que les gymnospermes dépendaient du vent pour disperser leur pollen, beaucoup d’angiospermes attirèrent des insectes et des oiseaux, avides de nectar, qui facilitèrent la pollinisation sans le vouloir.      

  

2.3.Les ancêtres de nos forêts

 

Figure 6 --- Forêt d'il y a 350 mio d'années

Rien ne reste des anciennes forêts si ce n’est des empreintes sur des roches et quelques parties de plantes préservées par des caprices de la géologie.

 A la fin du Dévonien, voilà 370 à 345 millions d’années, la géographie se prêtait parfaitement à la formation d’un milieu approprié à la luxuriance des plantes primitives : la majeure partie des terres émergées se trouvait sous les tropiques, baignées par des mers chaudes et peu profondes. Le long des côtes se dressaient des plantes qui possédaient bien des caractéristiques des arbres d’aujourd’hui : racines vigoureuses, troncs ligneux et massifs s’élevant à plus de 35 mètres, ramure très développée.

Mais ces arbres primitifs, qui prospéraient bien avant l’apparition des premiers grands animaux sur la terre ferme, ne ressemblaient à ceux d’aujourd’hui que par leur silhouette ; en effet nos conifères et nos arbres à fleurs ne feraient pas leur apparition avant des dizaines de millions d’années. La nature avait constitué cette forêt primordiale à partir des quelques plantes les plus modestes : lycopodes, fougères et prêles à spores, qui poussent encore de nos jours dans les sous-bois ombragés des forêts. Sous un climat constamment chaud, dépourvu de la vie animale qu’entretiennent les fleurs, les fruits et les graines de nos arbres, cette forêt archaïque était silencieuse et monotone, vouée à la seule croissance de ses végétaux.

Voilà 280 millions d’années, des transformations climatiques et géologiques ont rendu les terres émergées plus sèches et plus montagneuses. Le bouleversement du milieu a conduit les plantes à accélérer leur évolution au point de former un nouveau type de forêt dont l’âge est estimé à 230 millions d’années.

Cette forêt, qui ressemble à celle d’aujourd’hui, a vu le jour grâce à un grand progrès : la graine. La reproduction des prêles, des lycopodes et des plantes à port de fougères exigeait tant d’eau que les premières forêts se cantonnèrent dans des marécages et sur les côtes. Comme les graines pouvaient survivre à des conditions très rudes avant de germer, les arbres à graines colonisèrent les terres les plus sèches et les plus élevées qui avaient remplacé les marécages d’antan. Le domaine des grandes plantes qui se plaisaient dans l’eau des marais s’est alors réduit, en plaine, à des îlots.

Beaucoup d’arbres de ces forêts ancestrales étaient les premiers représentants des conifères, groupe qui prédomine encore dans nos actuelles forêts. Quelques-unes des premières espèces à graines survivent encore à peine modifiées, mais d’autres n’ont laissé aucune descendance. Les fougères à graines et des plantes à tronc en forme d’urne, avec une couronne de grandes feuilles et des cônes munis de graines allaient disparaître dans quelques dizaines de millions d’années à l’occasion d’un nouveau grand progrès : l’apparition des plantes à fleurs.

 

 

Figure 7 — Forêt tempérée, été



3.       Fonctionnement de
l’écosystème forestier

 

3.1.L’influence du sol

Il faut en général quelques millénaires pour passer du stade « roche » au stade « sol agricole profond et fertile » !

En effet la roche est bien « la mère » du sol. Au temps des grandes glaciations, les glaciers et les rivières charrièrent des Alpes au Moyen-Pays d’énormes quantités de sable et de cailloux qu’ils déposèrent sous forme de moraines et de graviers. C’est sur ces dépôts glaciaires que se sont formés, au cours des millénaires, les meilleurs sols de nos champs et de nos jardins.

Au début, seules quelques espèces végétales très spécialisées peuvent pousser. En mourrant, ces premiers végétaux apportent un peu de matière organique au tout jeune sol. Après quelques années déjà, on peut observer un matériau fin et foncé dans la zone des racines : l’humus. Celui-ci peut emmagasiner de l’eau et des substances nutritives pour les plantes. L’eau de pluie pénètre dans le sol, dissout lentement les cailloux calcaires et entraîne celui-ci en profondeur. Il se forme alors sous la couche humifère, une couche brun-rouille dite d’altération. Dans cette couche, les matières minérales et organiques sont décomposées. Cette couche d’altération peut conserver de l’eau et des matières nutritives.

Le sol constitue un élément indispensable à toute vie terrestre :

Le sol est composé de particules plus ou moins grandes. Si celui-ci est constitué avant tout de graviers, cailloux et sable grossier, il retiendra moins facilement l’eau qu’un sol composé de sable fin, d’argiles et de limons.

L’eau et l’air d’un sol ont une importance décisive pour la croissance des plantes. Les espaces vides entre les particules du sol, appelés « pores », sont remplis d’air ou d’eau. Le volume global des pores d’un bon sol forestier est de 50%, répartis en parts égales entre les différents types de pores (grossiers, moyens ou fins).Un bon sol est toujours dans un équilibre fragile. Toute modification minime aura des répercussions sur sa fertilité.

3.2.L’influence du climat

3.2.1.La lumière ou l’ensoleillement

La forêt reçoit une quantité d’énergie liée à la position du soleil et aux conditions climatiques générales, définie par le rayonnement global (énergie reçue par cm2 sur une surface horizontale, soit directement, soit par diffusion). On l’exprime en calories/cm2/minute, l’unité de temps pouvant varier.
Une partie du rayonnement global incident est réfléchie vers le ciel. Le rapport du rayonnement réfléchi au rayonnement global définit l’albédo du couvert forestier considéré. La quantité d’énergie réfléchie est variable selon l’essence et la nature du feuillage. Pour les formations végétales forestières, l’albédo oscille entre 10 et 20% (pour comparaison, prairie verte, 25% environ).

L’orientation des feuilles et la hauteur du soleil sur l’horizon entraînent des variations du rayonnement relatif. Par exemple, l’albédo est élevé quand le soleil est bas et quand les feuilles des couronnes d’arbres sont disposées horizontalement.

Le type de temps, qui modifie la composition spectrale du rayonnement incident, a également une influence sur le coefficient d’albédo, car les surfaces végétales ne réfléchissent pas de la même façon les différentes parties du spectre.

Le rayonnement solaire qui n’est pas réfléchi pénètre dans le couvert forestier puis, soit est arrêté par les couronnes, soit arrive au sol.

Il peut arriver au sol de deux manières :

 

La lumière en forêt est donc relativement : (concerne les peuplements feuillus)

A mesure que le rayonnement pénètre dans le peuplement, il s’affaiblit et décroît rapidement.

La germination des graines est influencée par la nature et l’intensité des radiations naturelles qui règnent au voisinage du sol : il y a des graines dont le développement est favorisé par la lumière, d’autres dont au contraire la lumière freine la germination, et des graines indifférentes. Même s’il y a un pourcentage faible de radiations, les graines forestières arrivent à germer, car elles contiennent des réserves, des vitamines qui leur donnent une certaine indépendance vis-à-vis du milieu extérieur.

 

3.2.2.Les températures

 

a)     L’air
La température de l’air varie sous couvert forestier de la même façon que le rayonnement solaire. Principale source de chaleur pour l’air, la végétation et la couche superficielle du sol. La nuit, la température dépend de l’importance du rayonnement nocturne, de la végétation et du sol.

b)     Le sol
D’une façon générale, le sol forestier est plus chaud en hiver (+0,5°C par exemple) et plus frais en été (–3°C par exemple) que le sol découvert. L’action combinée de l’isolation thermique de la litière et de l’ombrage peut être considérable (cela peut aller jusqu’à plusieurs degrés d’écart).

c)     Les gelées tardives
Leur importance en forêt est évidente pour l’avenir des régénérations naturelles et des plantations. La nuit les températures les plus basses s’observent alors à la surface supérieure de la strate herbacée. Un plant enfoui dans une strate herbacée sera protégé au départ, mais dès qu’il dépassera cette strate, il se trouvera dans de mauvaises conditions, et le risque de gel des bourgeons terminaux devient considérable. Les sylviculteurs observent certaines règles précises pour atténuer la nocivité des gelées nocturnes tardives.

 

3.2.3.Le vent

Dans la forêt, la vitesse du vent est freinée par la friction des masses d’air sur les houppiers, troncs, sous-étage. C’est au niveau des couronnes que la réduction est la plus forte. La vitesse du vent tombe vite au 1/4 ou 1/5 de ce qu’elle est au-dessus du peuplement, restant assez constante entre 1 m du sol et la zone des cimes.

Pour qu’une forêt résiste bien au vent, il faut augmenter la résistance individuelle des arbres qui la composent. Une forêt trop serrée résistera moins bien qu’une forêt bien enracinée et bien espacée. Le mélange d’essences favorise également la résistance aux vents.

 

3.2.4.Les précipitations

a)     Pluies
Les pluies qui tombent sur le peuplement forestier se divisent en trois catégories : une première où elle traverse le couvert et atteint directement le sol, une deuxième où elle ruisselle le long des troncs et atteint ensuite le sol et une troisième où elle est retenue définitivement au niveau des houppiers.

b)     Brouillards
Dans les régions à brouillard, des études ont montré que la forêt condense beaucoup plus d’eau qu’un terrain découvert. Il est certain que l’incidence de ces condensations peut être importante dans les régions à brouillards fréquents et intenses.

c)     Neige
Le couvert de la forêt joue un rôle important dans l’accumulation et la répartition de la neige. La vitesse du vent ainsi que la température favorise ou non son l’interception. La grande majorité de la neige interceptée revient au sol soit par fusion, soit par décharge mécanique des arbres. 

Figure 8 — Forêt tempérée, automne

 


 

4.       Les fonctions de la forêt

 

4.1.  Protections offertes à l’homme

 

4.1.1.Inondations / sécheresse

Lorsqu’il pleut, seule une partie de l’eau atteint immédiatement le sol forestier. Jusqu’à 60% des précipitations restent suspendues dans les feuillages. Cette eau s’égoutte ensuite peu à peu ou s’évapore. Dans une forêt, l’eau pénètre facilement dans le sol.
Sur les surfaces non boisées, les pluies s’infiltrent moins bien dans le sol : l’eau s’écoule alors, formant ruisseaux et rivières. Ces cours d’eau peuvent ainsi provoquer des inondations.
Dans la forêt, le sol fonctionne comme une éponge : les sources coulent longtemps, même après de longues semaines de sécheresse.

4.1.2.Erosion / glissement de terrain

La forêt empêche que la couche supérieure du sol, la couche la plus fertile, ne soit entraînée par les eaux de ruissellement.

La forêt :

4.1.3.Chutes de pierres / avalanches

Bien des villages de montagne, bien des routes et des voies ferrées seraient menacés sans la protection des arbres qui empêchent la formation des avalanches et retiennent les pierres.

Plusieurs de nos vallées des Alpes ne sont habitables que par la présence de forêts protectrices.

4.2. Protections des pollutions créées par l’homme

4.2.1.Le bruit

Les transports et les installations industrielles constituent la plupart du temps des sources de pollution acoustiques.

Le bruit, surtout à proximité des zones habitées et de délassement, nuit au bien-être des humains. Des bandes boisées, aussi denses que possible et larges de 50 à 100 mètres, peuvent efficacement diminuer les effets des émissions sonores.

 

4.2.2.L’air

La température de l’air étant plus basse au-dessus d’une forêt, en été, les poussières des zones industrielles retombent en grande partie sur les forêts.

Ces poussières se déposent sur les feuillages, les aiguilles et les rameaux avant d’être intégrées au sol par la prochaine averse. La forêt joue ainsi le rôle de filtre à air.

Cependant, si la concentration de substances toxiques est trop grande dans l’air, les arbres montrent rapidement des signes alarmants. Et ils réagissent souvent déjà à un taux de pollution de l’air non encore directement perceptible par l’être humain. Nous sommes ainsi avertis d’un danger : la forêt fonctionne comme « signal d’alarme ».

 

4.3. La production d’oxygène

Le soleil est la source d’énergie grâce à laquelle, à l’intérieur des plantes vertes, des transformations importantes se déroulent.

En effet, prenant le gaz carbonique de l’air (CO2), les plantes vont fabriquer des glucides (sucres) ; cette transformation rejette de l’oxygène (O2). Ce processus s’appelle « photosynthèse ».Cependant, les plantes respirent, donc utilisent de l’oxygène ; de plus, lors du pourrissement ou de la combustion de matières organiques, de grandes quantités d’oxygène sont utilisées.

Par ce fait, la forêt utilise elle-même une grande partie de l’oxygène produit. Dans notre pays, la plus grande partie de l’oxygène qui est produit vient de zones cultivées.

L’oxygène utilisé par les animaux, les chauffages, les moteurs à combustion et les machines industrielles vient en grande partie des très grandes réserves d’oxygène de l’atmosphère.

Plus grave que le manque d’oxygène, c’est avant tout l’augmentation dans l’air de la teneur en gaz carbonique qui risque de créer des problèmes en cas de disparition des surfaces boisées.


5.       Relations des animaux entre eux
et avec le milieu extérieur

 

 Dans notre pays, on constate l’abondance des petits insectes au mois de mars, l’accroissement des insectes moyen à partir d’avril et ceci jusqu’à la mi-juillet. Dès ce moment les insectes diminuent brusquement jusqu’à la mi-novembre. A partir de cette période, le nombre d’insectes est quasiment nul jusqu’à la fin février.

 

Figure 9 --- Pic noir

En comparaison, on remarque parallèlement que les oiseaux insectivores ne sont pas indifférents à ce « cycle d’abondance d’insectes ».  De la mi-novembre à la fin février voire la mi-mars, il n’a pas pratiquement d’oiseaux insectivores nicheurs. Les oiseaux qui restent pendant cette période sont dits hivernants et doivent trouver des insectes peu accessibles : œufs, larves, insectes immobiles dans les bourgeons, sur l’écorce, dans les branches et branchettes. Au début de mars apparaîtront les insectivores nicheurs de petite taille, puis, peu à peu, des oiseaux migrateurs de plus grande envergure vont arriver au moment où apparaissent en nombre les grands insectes.

D’autre part, on trouve surtout de jeunes oiseaux au nid en mai et juin et beaucoup moins en juillet. Il y a donc exacte coïncidence entre l’époque de nourrissage des jeunes et la présence des insectes les plus nombreux et les plus gros, qu’il s’agisse aussi bien d’insectes mobiles que de chenilles. De plus, la fin de la saison de reproduction coïncide avec le déclin brutal du nombre des insectes et araignées en juillet.

De façon encore plus précise, les liens entre la forêt, insecte et oiseau, ont été déterminés en observant pendant quelques années, par exemple, les dates moyennes de ponte des mésanges, les dates d’apparition des feuilles de chêne, le « pic » de population des chenilles et la date moyenne du maximum de nourrissage des jeunes oiseaux. On constate alors que ces différents phénomènes sont en corrélation plus ou moins bonne certaines années. Toutefois, des retours de froid peuvent perturber ces liaisons, car ces phénomènes sont en relation avec la température de l’air.

En altitude comme en plaine, forêts, arbustes et buissons fournissent une large part de nourriture aux animaux. Ces derniers sont capables de favoriser leur nourriture à travers les saisons, en changeant d’habitat. Par exemple le chamois hôte des pâturages en été, descend en forêt pendant l’hiver, où il y trouve refuge et nourriture.

 

Figure 10 --- Cerf

Les différents animaux qui composent la faune ont besoin de branches, de feuilles, de jeunes pousses, etc… non seulement pour se nourrir mais aussi pour loger. Le chevreuil a besoin d’un couvert assez épais de broussailles, arbustes bas ou jeune taillis, tout en disposant à proximité de clairières, de prés, de pâturages ou de champs cultivés. Le castor abat des arbres et les utilise pour édifier des barrages ainsi que sa hutte. L’impact de tels animaux est important sur les forêts. Dans un écosystème équilibré, il ne pose toutefois aucun problème.

Mais les animaux sont aussi importants pour la reproduction des végétaux. Les insectes sont indispensables à la régénération des plantes à fleurs. Certains oiseaux, en constituant des réserves dans le sol, contribuent à répandre les graines des arbres. Le sanglier, par exemple, en remuant le sol, favorise la mise en terre des glands et, par conséquent, le recrû des jeunes plantes.

 

 

Figure 11 — Forêt tempérée, hiver


 

6.       Les forêts tropicales

6.1.    Leur importance pour le Monde

  

Figure 12 --- Forêt tropicale de montagne

Les forêts tropicales d’Amérique du Sud, d’Afrique Centrale et d’Asie du Sud-Est constituent l’une des ressources les plus vitales de la planète. Avec deux cents espèces d’arbres et plus de soixante mille espèces d’insectes et d’araignées sur un seul hectare, elles détiennent la plus étonnante diversité de faune et de flore.

Certains arbres ont une valeur inestimable ; l’arbre-liane amazonien, par exemple, fournit la substance nécessaire à la fabrication d’un médicament utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson et de multiples scléroses. Ces forêts contribuent largement à la vie sur terre. Elles sont malheureusement détruites à un rythme alarmant (il faut des siècles pour que la forêt se reconstitue) au profit de l’exploitation forestière à court terme, de l’agriculture et de l’élevage. Cependant, il reste encore de vastes portions de forêts vierges en Amazonie, au Congo et en Asie du Sud-Est. Enfin, le Brésil comme le Costa Rica font de réels efforts pour développer une gestion des forêts qui préserve ce précieux environnement.

 

6.2.Déforestation

Les forêts tropicales humides forment une ceinture verdoyante de part et autre de l’équateur. Là règne une température constante jamais inférieure à 24°C : il tombe en moyenne plus de 2300 mm d’eau par an (7600 mm à certains endroits). Ces conditions favorisent la croissance rapide des plantes. La ceinture forestière équatoriale ne connaissant pas de saisons, la végétation pousse en abondance toute l’année. Cependant le climat n’y pas forcément humide en permanence puisque, dans certaines régions de forêts tropicales, l’essentiel des pluies provient de la mousson.

 

 Figure 13 --- Route Transamazonienne


La luxuriance de la forêt pluviale ne dépend pas de la richesse des sols (en vérité très pauvre en éléments nutritifs) mais du recyclage d’énormes quantités de litière végétale. Une fois les arbres enlevés et la végétation supprimée, rien n’empêche plus le lessivage des sols par les eaux de pluie, le paysage ainsi dénudé mettra des siècles à redevenir une forêt adulte.

 

 Figure 14 --- Tracé de la Transamazonienne 

On estime que 18 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année dans le monde, non seulement pour l’exploitation du bois mais aussi à des fins agricoles et minières. Pour mettre un frein à cette déforestation, il est indispensable que la communauté internationale aide les pays concernés à gérer leurs forêts tropicales et à chercher des sources de revenus de remplacement.

En exemple : la route Transamazonienne qui s’étire sur 3200 km au cœur de la plus grande forêt tropicale du monde a été terminée en 1975 et n’a pas du tout encouragé la colonisation de la région. Elle demeure une voie assez peu fréquentée. Le jeune anthropologue anglais Vernon Reynolds déclarait au sujet de ces grandes déforestations :

« Qu’un arbre énorme, pesant des tonnes de bois, qui avait lutté pour atteindre la lumière, grossi et étalé ses branches, donné des fruits d’une année sur l’autre et nourri des centaines de générations d’oiseaux et de singes, qui avait tiré du sol sa substance tout en l’enrichissant de ses feuilles mortes, donné ombre et fourrage aux éléphants et fait vivre un million d’insectes, que ce fragment de notre monde vivant puisse renoncer à sa verticalité imperturbable et s’écraser en causant d’effroyables destructions est un événement à la fois si monstrueux et si insignifiant qu’il dépasse mon entendement. » 


7.       Conclusion

La forêt est très importante pour tous. Elle contribue à la protection des sols, à la purification des eaux et de l’air et donc au bien-être de l’individu.
Elle fournit à la faune un refuge voire un habitat, ainsi que de la nourriture.
Nous l’apprécions également comme lieu de récréation. Elle est donc indispensable à la vie sur terre !

Pour cela, il faut donc la protéger. Chaque seconde, une surface de forêt tropicale comparable à celle d’un terrain de football disparaît.  Diverses organisations, dont le WWF, luttes contre la déforestation dans le monde.


8.       Lexique

 

couronne

feuillage de l’arbre

houppier

partie d’un arbre allant depuis la cime jusqu’au début de la ramification du tronc

limbe

partie principale de la feuille

lycopode

plante vasculaire herbacée, sans fleurs

paléobotaniste

scientifique s’intéressant aux végétaux ayant peuplé la Terre aux époques géologiques, se basant sur l’étude des fossiles

subarctique

zone se situant entre la zone arctique et la zone tempérée

 


9.       Bibliographie